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Intelligence animale : résumés des deux livres écrits par Eugene Linden
(novembre 2002)
Résumé de Les lamentations du perroquet et autres histoires vraies sur
l'intrigue, l'intelligence et l'ingéniosité des animaux
par Eugene Linden (publié en 1999 par Dutton, 375 Hudson St., New
York, NY 10014).
Les lamentations du perroquet et autres histoires vraies sur l'intrigue, l'intelligence et l'ingéniosité des animaux peut sembler non controversable mais comme l'auteur Eugene Linden le souligne, la question de la conscience animale est contestée ce qui signifie qu'elle ne peut être argumentée sans faire référence à l'idéologie. Vraiment? La conscience des animaux, du moins pour les espèces vertébrées, est un problème simple pour la plupart d'entre nous qui partageons nos vies avec des animaux, les observant de près et cherchant à comprendre leurs modes de communications. En effet, je suis tenté de résumer ce livre par un seul mot : Duh !
Ce serait cependant un duh respectueux indiquant simplement que des millions de personnes qui passent leur temps parmi les animaux penseront certainement qu'elles connaissent des histoires aussi irrésistibles que celles de Linden. Je ne veux pas dire que ses histoires ne sont pas fascinantes, passionnantes et que les exemples ne sont pas intéressants. Ils le sont tous, comme les livres qui racontent les cabrioles des tout-petits, mais les capacités soulignées n'étonnerons pas ceux qui connaissent et aiment les animaux.
Néanmoins, ces histoires risquent de surprendre les scientifiques. Comme le remarque Linden, alors que certains secteurs scientifique sont connu de grandes avancées au cours des trente dernières années le débat pour savoir si les animaux peuvent acquérir certains aspects du langage humain a avancé selon une échelle de temps que l'on peut qualifier de géologique. Il a été plus facile de mettre fin à la Guerre Froide et d'entraîner la chute du Communisme que de trouver un accord parmi les scientifiques sur ce qu'un animal veut dire quand il utilise le langage humain.
Les autres débats concernant la conscience des animaux ont connu une progression aussi lente. Linden ne fait pas avancer le débat scientifique car il explore la conscience des animaux à travers ce que les scientifiques qualifient d'anecdotes. Les incidents sont regroupés par thèmes : jeux et humour; commerce et troc; déception ; télépathie et échecs de tête; coopération au travail, conflit et guérison ; outils et intelligence; fuites; compassion et héroïsme.
Ces histoires sont racontées par des gardiens de zoos, des chercheurs, des thérapeutes et des dresseurs. Aussi, certains lecteurs d'Animal People n'approuveront peut-être pas ce livre et de nombreuses histoires sont affreusement tristes, si ce n'est pas fait exprès. Par exemple, un gorille qui a appris le langage des signes est transféré dans un zoo, il se met devant la porte de sa cage et fait le signe ouvrir. Il fait le signe avoir clé. Il dit parsigne qu'il veut rentrer maison. On lui dit en utilisant le langage des signes. C'est ta maison. Linden utilise cette histoire pour citer l'exemple d'un gorille utilisant méthodiquement le langage pour essayer de sortir du zoo, mais il aurait pu être utilisé pour explorer le chagrin et la frustration ressentis par un animal en captivité.
Etant donné que les animaux sauvages en captivité sont plus motivés pour utiliser leur intelligence, il n'est pas surprenant que la plupart des histoires de Linden se déroulent dans des zoos. Comme Linden le souligne : Une grande partie des sottises, des ruses et des tentatives de fuites perpétrées par des animaux en captivité semblent être motivées par le désir d'affirmer son indépendance et contrôle.
Plus loin il remarque : Pour la plupart des mammifères, les principaux défis de la vie sont : avoir toujours de quoi manger, affronter les rivaux au sein d'un groupe et trouver une compagne désirable. Les mâles doivent en grande partie remplir les deux premières conditions pour obtenir cette troisième ambition. Si un animal rempli ces trois conditions, il se sent certainement completetement bien. Malheureusement, même les meilleures situations de captivité ne peuvent pas modifier ces occupations et ces préoccupations. C'està dire que pour le meilleur ou pour le pire, la captivité empêche les éléphants de se sentir bien en tant qu'éléphant. Elle élimine les défis qui rendent les léopards des neiges fiers de leur pouvoir, de leur grâce et leurs aptitudes et, elle prive un orque d'un bassin suffisamment grand pour réaliser les rêves d'un orque. Trouver un moyen sérieux pour les rapprocher de leur étrange nouveau mon depourrait compenser en partie la perte de liberté provoquée par la captivité.
Le dernier chapitre, intitulé What Do They Make of Us? A Place Where Humans are the Novelty, ( Qu'est-ce qu'ils ont fait de nous ? Un endroit où l'homme est nouveau) est de loin le plus puissant. Linden décrit sa visite dans une région éloignée de la forêt tropicale d'Afrique qui était jusque là inaccessible. Qu'est ce que ça fait d'être le premier homme qu'un grand groupe de chimpanzés voit, quand ils nous entourent ? Et, qu'est ce que ça afait aux singes ?
Selon Linden, c'était la version primate de Rencontre du TroisièmeType. Remarquant les changements climatiques secs provoqués par ladéforestation massive en Afrique, Linden note que même dans lesrégions les plus éloignées, les animaux sont toujours captifs desactivités des hommes même s'ils n'ont jamais vu un être humain. Linden conclut : Comme nous l'avons montré, sans certains contrôlespour représenter les intérêts de la biosphère sur le long terme,notre marque d'intelligence est dangereuse. Peut-être cela s'est-ildéjà produit chez plusieurs espèces dans le passé. L'applicationlibre des aptitudes propositionnelles ne semble pas être uneprescription pour une évolution réussie sur le long-terme. Une foisque les esprits sont libérés des contraintes religieuses, culturelleset physiques, ils se consument rapidement, altérant tout sur leurpassage. C'est peut-être pourquoi des aptitudes mentales élevées,quoique présentes chez d'autres créatures, sont plus limitées. Finalement, l'intelligence est peut être la lamentation de l'homme.
Résumé de La pieuvre et l'orang-outan : nouvelles histoires vraies surl'intrigue, l'intelligence et l'ingéniosité des animaux par Eugene Linden (publié en 2002 par Dutton, 375 Hudson St., New York, NY10014.)
La pieuvre et l'orang-outan : nouvelles histoires vraies surl'intrigue, l'intelligence et l'ingéniosité des animaux est, commel'indique le titre, la suite du livre Les lamentations du perroquet.Le titre reflète également le continuum de Linden pour démontrerl'intelligence des animaux : depuis la modeste pieuvre, un mollusque,à l'animal qui, selon Linden, possède la pensée la plus proche del'homme, l'orang-outan. On retrouve certaines histoires issues dulivre Les lamentations du perroquet avec quelques détailssupplémentaires. Certaines de ces histoires semblent plusirrésistibles et uniques que celles du premier livre. L'avant-dernierchapitre traite les mêmes points que le dernier chapitre de Leslamentations du perroquet, avec des idées supplémentaires sur notreattention générale pour obtenir des bénéfices à court-terme enutilisant notre intelligence et les répercussions à long-terme surl'existence continue de notre espèce.
Ce qui est vraiment nouveau dans cette suite, c'est l'intérêt pourl'intelligence des invertébrés, avec des histoires qui risquent desurprendre même les amis des animaux. Linden reconnaît que parlerd'un invertébré avec un grand cerveau revient à faire référence àl'escargot le plus rapide. L'invertébré à grand cerveau auquelil fait référence est la pieuvre, qu'il qualifie de, choisie pourson anatomie, sa structure sociale [et] son histoire phylogénétique,la pieuvre devrait être plus muette qu'un sac de marteaux, mais cen'est pas le cas.
Grâce à différentes histoires sur le comportement des pieuvres etégalement à certaines études scientifiques, Linden a expliquél'intelligence de la pieuvre tout en donnant d'autres points de vue.Cependant, il est difficile de rejeter les histoires de pieuvres encolère, de rebuffades, d'apprentissage par l'observation, de contactvolontaire avec les yeux et de fuites réfléchies.Linden souligne que la caractéristique partagée par la pieuvre avecun grand nombre d'animaux intelligents est le besoin de chercher unegrande variété de nourriture à des endroits différents et cachés. Il explore également l'idée que la pieuvre est peut-être un modèled'intelligence distribuée, avec trois cinquièmes des neurones del'animal situés à l'extérieur de son cerveau, principalement dans sestentacules. C'est comme si chaque tentacule possédait un cerveaudifférent. (Parlez des problèmes de votre esprit !)
Linden utilise également la pieuvre pour montrer comment certainesmentalités et préjugés peuvent influencer l'interprétation desdonnées. Il donne un point de vue nuancé sur les préjugés qui nousmènent à assumer l'intelligence, ainsi que ceux qui nous empêchentpeut-être de la voir. Linden remarque que nous avons tendance àêtre plus gentils envers des créatures que nous pensons intelligentes-un point très discutable, étant donné l'abattage historique deporcs et de chiens, les expériences brutales sur les primates, lacaptivité forcée ainsi que parfois l'abattage de baleines, dauphinset perroquets.
Cependant, il est probablement précis lorsqu'il dit que celaexplique peut-être pourquoi nous, les hommes, nous avons autant demal à reconnaître que d'autres animaux sont intelligents. Dans cette suite, Linden défend plus ardemment l'utilisationd'anecdotes. Comme il l'a fait dans Les lamentations du perroquet, ilémet l'hypothèse que les animaux pensent mieux quand il s'agit deservir leurs propres intérêts, et, par conséquent, les histoiresracontant comment des animaux s'échappent de leurs cages, parexemple, peuvent révéler des talents jusqu'ici cachés.Ensuite, il émet l'hypothèse que les interactions avec les hommes donnent une forme particulière aux aptitudes pouvant être expriméesdifféremment dans la nature.
Linden pense également que ces histoires, principalement sur la fauneen captivité, sont importantes parce qu'elles rappellent auxscientifiques et à d'autres personnes que les animaux vivent endehors de nos expériences et théories et car de temps en temps,elles incitent les scientifiques à mettre de côté leurs attentesaveugles provoquées par des années d'exposition à la prudenceconventionnelle pour savoir comment chercher l'intelligence et chezquels animaux.
Il s'exprime également sur la question éthique de la garde d'animauxsauvages. Il s'agit d'un vaste chapitre. La plupart des argumentsavancés vont plaire aux lecteurs d'Animal People. Apropos des zoos,Linden affirme d'un ton accusateur que lorsqu'ils ne sont pasprésentés au public, de nombreux animaux sont enfermés dans des cagesce qui rappelle les conditions carcérales du zoo du parc Regents, lepremier zoo moderne ouvert au public à Londres en 1828. Linden attaque violemment le producteur de Ringling Brothers etBarnum & Bailey Circus pour laisser entendre que les éléphants sontmieux en captivité que dans la nature.
Néanmoins, Linden conclut que les zoos remplissent un objectifvital même s'ils ne sont pas parfaits. Linden termine la discussion par une citation d'un dresseur d'animaux: Ceux d'entre nous qui travaillons avec des animaux en captivité, nous devrions le faire avec un sentiment de culpabilité. Une autre nouveauté de la suite est la rapide exploration de latélépathie et prescience des animaux, mais Linden ne mentionne pasles études contrôlées les plus connues menées sur ce terrain,concernant des chiens qui montraient savoir quand leurs maîtres sedirigeaient vers la maison. De même, lorsqu'il traite desconversations animal/homme, il ne mentionne pas l'impressionnanttravail mené par Dr Irene Pepperberg, démontrant l'aptitude d'unperroquet gris d'Afrique à comprendre les mots et les concepts et àrépondre aux questions.
Linden précise qu'il a utilisé un minimum d'histoires de chiens car on ne peut pas les vérifier. Cependant, beaucoup de personnesvivent avec des perroquets capables de créer des situation : Lindenpourrait voir de première main des oiseaux utilisant correctement desmots dans de nouvelles situations, exprimant de la compassion etégalement les limites de leurs aptitudes. (Lorsqu'il s'agit denourriture, certains perroquets sont incapables de penser tout commecertaines personnes avec l'argent.) Il semble que les perroquetsentrent dans une catégorie que Linden a identifiée comme celle desespèces animales qui semblent très motivées pour utiliser et montrerleur intelligence au plus grand nombre. Cependant, dans cette suite,ils sont presque ignorés.
Selon Linden, parmi les scientifiques seuls ceux souhaitant leverles yeux sur les collègues ont des chances de classer les perroquets,les corbeaux, les loups et même les lions de mer parmi les animauxles plus à même d'être intelligents. Le lecteur peut se demandercombien de scientifiques sont si peu observateurs.Dans le dernier petit chapitre, Linden donne peut-être la réponse. Ilconclut : nous passons peut-être à côté de mondes de pensée et decommunication différents parce que nous voyons ce que nous voulonsvoir et nous pensons que ce que nous voyons est la réalité. (ces deux livres sont révisés par Patty Finch)